Événements
Anita Lenoir
Peau d'âme
Vernissage le 02.05.26 dès 15h00
Horaires : vendredi, samedi, dimanche 15h-18h
Sur une trajectoire de vie comme la mienne, j’y vois plusieurs vies qui y cheminent, se tracent, se tissent et se mêlent. Il y a pourtant un fil rouge, majeur et sensible, qui les traverse en profondeur : la quête de la Beauté. J’ai d’abord été sensible à la beauté du corps, celle du nouveau-né dans la perfection du Créé. Puis généralement celles des corps, avec cette beauté plus intime qui s’inscrit dans leurs mouvements, leurs courbes, et ceci malgré l’âge, la maladie ou l’épreuve.
Cette vie qui traverse et sculpte les corps m’a toujours touchée. Depuis très jeune, je suis habitée par cet art, sans en avoir vraiment pris conscience. Imprégnée malgré tout de ce que mon regard a pu capturer des œuvres laissées par de grands artistes. Plus tard, mon parcours dans mes études de psychothérapie, vécu dans le processus de l’Art-thérapie, m’a poussée à mettre mains et formes dans la matière. Ainsi, cette expérience de la terre m’a tracée de manière indélébile.
Dans cette découverte de la sculpture, ma profonde reconnaissance va tout d’abord à Christine Demierre qui m’a accompagnée dans mes premiers pas, mes doutes et mon cheminement… Elle m’a offert son regard et sa générosité de cœur. Ma reconnaissance va aussi à Diane Olivieri, qui nous a hélas quittés. Elle m’a tant partagée et guidée dans l’art en me transmettant ce trésor de la force du regard qui traverse la matière, entre ombre et lumière. Je reste reconnaissante aux « veilleurs » qui m’ont soutenue dans cette démarche. J’ai traversé ce processus si proche du corps et de son âme. C’est une maturation qui se vit, une transformation en un chemin d’intériorité. C’est cette Beauté là que je cherche et c’est vers elle que je chemine. Mes mains révèlent, parfois à leur insu, ce qui se cherche, se pense, sommeille ou qui se rêve au creux de l’intime. Alors… Peau d’âme s’expose (s’ex-peau-ose !)
« L’art, c’est la nature accélérée et Dieu au ralenti. » (Malcolm de Chazal).
J’aime cette terre, cette argile… Cette glaise est ma « gadoue » qui parle et façonne ma Peau d’âme. C’est en la sculptant que je vis l’esprit de la matière et fais face à ma propre mesure. « La main pense et fait alliance avec l’Esprit et la matière » dit le poète. C’est un cheminement de temps, hors-temps et dans le temps à la fois ; c’est aussi une « lutte » avec cette terre, la creuser, la blesser parfois, la pétrir, la caresser… la rêver. C’est un face-à-face exigeant avec moi-même. Que ce soit avec joie ou angoisse, je mets alors au monde cette forme ou silhouette que je porte longtemps tout au fond de moi. Ce sont ses plis, ses rides, ses arrêtes ou ses courbes qui la mettent en mouvement. Ils en font surgir son âme. Il en faut du temps pour un tel enfantement ! Alors… Peau d’âme s’expose.
« L’art est un pâtre obscur qui marche les pieds nus. » (Victor Hugo).

